Pourquoi cette remarque banale me bouleverse-t-elle autant ? Comprendre les réactions émotionnelles disproportionnées
Vous êtes en réunion et votre collègue fait une remarque sur votre présentation. Rien de méchant, juste un commentaire anodin. Pourtant, vous sentez votre gorge se nouer, vos yeux picoter. Une remarque de votre manager, une réflexion de votre mère, un oubli d’un ami… Des situations objectivement banales qui déclenchent chez vous des émotions d’une intensité déconcertante. Et après coup, vous vous en voulez. “Pourquoi j’ai réagi comme ça ?”
Et si ces réactions racontaient quelque chose de profond sur votre histoire ? Si elles étaient des signaux précieux à écouter ? Explorons ensemble le mécanisme des réactions émotionnelles disproportionnées et comment la thérapie peut vous aider à retrouver une liberté émotionnelle.
Comprendre les réactions émotionnelles disproportionnées
De quoi parle-t-on exactement ?
Une réaction émotionnelle disproportionnée, c’est quand l’intensité de votre émotion ne correspond pas à la situation présente. Votre émotion est réelle et légitime, mais son ampleur semble “décalée”.
Concrètement : crises de larmes inexpliquées, colère explosive pour des broutilles, anxiété paralysante face à des situations banales, tristesse profonde sans raison apparente, ou irritabilité chronique permanente.
Sensibilité ou résonance traumatique ?
Être sensible est une qualité. C’est percevoir les nuances émotionnelles, être touché par la beauté ou l’injustice. La réaction émotionnelle disproportionnée, c’est différent : votre système émotionnel s’emballe sans que vous compreniez pourquoi. Le présent active quelque chose du passé. Ces réactions sont plus fréquentes qu’on ne le pense.
Le signal d’alarme que votre psyché vous envoie.
Vos réactions émotionnelles disproportionnées ne sont pas un défaut de fabrication. Ce sont des messages. Des signaux d’alarme que votre psyché vous envoie pour vous dire : “Hé, attention, il y a quelque chose d’important ici. Quelque chose qui demande à être entendu, compris, élaboré.”
Bien sûr, sur le moment, c’est inconfortable. Parfois même handicapant. Mais ces réactions portent en elles une information précieuse sur ce qui se joue dans votre monde intérieur. Plutôt que de les combattre ou de vous en vouloir, et si vous appreniez à les écouter ?
N'hésitez pas à consulter mon article : "Prendre soin de sa santé mentale, un acte de bienveillance envers soi-même"
2. Le mécanisme de résonance émotionnelle : quand le présent réveille le passé
La mémoire émotionnelle, cette archiviste infatigable
Notre cerveau archive nos expériences, particulièrement celles qui sont chargées émotionnellement. C’est la mémoire émotionnelle.
Contrairement à la mémoire factuelle, la mémoire émotionnelle stocke les ressentis, les sensations, les émotions brutes associées à certaines situations. Et cette mémoire ne fait pas forcément de différence entre passé et présent. Elle réagit quand quelque chose dans votre environnement actuel “ressemble” à quelque chose de votre histoire.
Imaginez votre psyché comme une bibliothèque immense. Certains dossiers sont bien rangés, élaborés, intégrés. D’autres sont encore ouverts, non résolus, parfois enfouis. Et parfois, un événement présent vient “toucher” un de ces dossiers anciens. C’est la résonance.
Le phénomène de résonance : quand hier s’invite dans aujourd’hui
La résonance émotionnelle, c’est quand un événement présent entre en écho avec une expérience passée. L’événement actuel partage avec le passé une tonalité émotionnelle, une dynamique relationnelle, une sensation similaire.
Les déclencheurs peuvent être : un ton de voix (qui résonne avec celui d’un parent critique), une situation d’abandon (qui réveille de vieilles peurs de rejet), une posture d’autorité (qui ramène à l’enfance), un geste ou son absence. Certaines réactions émotionnelles automatiques s’activent sans distinguer clairement ce qui appartient au passé de ce qui se joue dans le présent. Face à un stimulus qui “ressemble” à une situation ancienne, il réactive la réponse émotionnelle d’origine. Ce mécanisme, initialement protecteur, peut devenir source de souffrance lorsqu’il continue de s’activer dans des contextes qui ne le nécessitent plus.
Les traumas enfouis : ces blessures qui restent actives
Le trauma ne se limite pas aux événements graves. Il existe des “traumas relationnels” : expériences répétées d’insécurité, de manque, de non-reconnaissance.
Exemples
Le parent émotionnellement indisponible, le parent imprévisible, la critique chronique, la compétition fraternelle, les séparations répétées… Ces expériences non élaborées restent actives dans votre psyché. Quand une situation du présent les “touche”, les émotions d’alors ressurgissent
Le refoulement : ces émotions qu’on n’a pas pu vivre
Certaines émotions ont été refoulées parce qu’elles étaient trop douloureuses ou que vous étiez trop jeune pour les comprendre. Ces émotions non élaborées ne disparaissent pas. Elles restent actives et cherchent à se faire entendre.
C’est pour ça qu’une remarque banale peut vous effondrer. Ce n’est pas la remarque qui vous bouleverse, c’est toute la tristesse, la colère, la peur non exprimées il y a des années qui trouvent une occasion de sortir.
Reconnaître ces situations dans votre vie quotidienne
Les indices révélateurs
Comment savoir si vos réactions relèvent de ce mécanisme ? Vous avez régulièrement l’impression de “sur-réagir”. Vos proches vous disent “tu prends les choses trop à cœur”. Vous ne vous comprenez pas vous-même. Certaines situations déclenchent systématiquement les mêmes émotions intenses. Vous ressentez de la honte après vos réactions.
Les contextes fréquents
- Dans les relations de couple : Les conflits, critiques ou absences de réponse peuvent déclencher des peurs d’abandon car la relation amoureuse réactive les dynamiques d’attachement de l’enfance.
- Au travail : Les situations d’autorité ou d’évaluation peuvent réveiller des blessures liées à des parents exigeants.
- Dans les relations familiales : Retourner dans votre famille d’origine peut réactiver des dynamiques anciennes.
- Face à l’échec ou au rejet : Ces situations peuvent être vécues comme des catastrophes si elles résonnent avec des expériences de non-reconnaissance.
S’observer avec bienveillance
Tenez un journal émotionnel simple. Notez la situation déclenchante, l’émotion ressentie, son intensité, vos pensées, et si cela vous rappelle quelque chose du passé. Cet exercice aide à identifier des patterns sans jugement.
Les questions à vous poser
Quand l’émotion est retombée, demandez-vous : “Cette émotion me rappelle-t-elle quelque chose ?”, “Ai-je déjà vécu cela dans mon enfance ?”, “Quelle partie de moi souffre ?”. Ces questions ouvrent une porte vers la compréhension.
Rassurance : reconnaître ces mécanismes est déjà un premier pas thérapeutique important. Vous sortez de la confusion et de la culpabilité. Vous comprenez que vous n’êtes ni fou, ni faible, ni “trop compliqué”.
Le rôle de la thérapie par la parole
Pourquoi consulter ?
La compréhension intellectuelle est précieuse, mais pour dénouer ces résonances, le travail thérapeutique est irremplaçable :
Un espace sécurisé où déposer vos émotions sans jugement. Cette sécurité est fondamentale quand vos blessures viennent d’environnements non sécurisants. Le regard extérieur du thérapeute qui aide à mettre au jour les connexions entre présent et passé qui vous échappent. Mettre des mots sur l’indicible. Parler transforme une émotion chaotique en récit. Ce passage par le langage a un pouvoir thérapeutique immense.
L’approche analytique
Dans mon approche analytique, la parole est centrale. Le travail consiste à explorer les liens entre présent et passé. On ne cherche pas juste à “gérer” vos réactions, mais à comprendre leur origine pour les désamorcer à la source.
Quand vous comprenez vraiment pourquoi cette remarque vous effondre, quelque chose se desserre. Vous commencez à différencier passé et présent. Cette capacité, c’est la liberté.
Ce que vous pouvez attendre
Une meilleure compréhension de vos réactions. Une réduction progressive de leur intensité. Une réconciliation avec votre histoire. Plus de liberté émotionnelle et relationnelle. Et surtout, une meilleure capacité à différencier passé et présent.
N'hésitez pas à consulter mon article : "Comment savoir si ce thérapeute me correspond"
Conclusion : Vos émotions méritent d’être écoutées
Si vous êtes arrivé jusqu’ici, c’est que quelque chose a résonné en vous. Vos réactions émotionnelles disproportionnées ont du sens. Elles racontent votre histoire, elles sont les échos de blessures qui demandent à être entendues.
Vous n’êtes pas “trop sensible” ou “instable”. Vous portez une histoire qui se manifeste parfois bruyamment. C’est inconfortable, mais c’est une porte vers une compréhension plus profonde de vous-même.
Comprendre ces mécanismes permet de s’en libérer progressivement. Quand vous saisissez le lien entre présent et passé, vous reprenez du pouvoir sur votre vie intérieure. Vous gagnez en liberté.
Le travail thérapeutique demande du temps et du courage, mais les bénéfices sont immenses : compréhension de soi, relations apaisées, liberté émotionnelle.
Si vous vous reconnaissez dans ces situations, si vous sentez que vos réactions émotionnelles vous empêchent de vivre pleinement, je vous invite à franchir le pas de la thérapie.
Je reçois dans mon cabinet à Enghien-les-Bains ou en visioconférence. La première séance est l’occasion d’explorer ensemble ce qui vous amène, de voir si nous pouvons travailler ensemble dans la confiance et la bienveillance.
Je vous propose un premier rendez-vous pour faire le point, comprendre ce que vous traversez et déterminer ensemble l’accompagnement le plus adapté à votre situation.